Refus des transfusions sanguines

Les opposants aux Témoins de Jéhovah font appel à la fibre sensible du public avec des slogans chocs comme «refuser le sang, c'est mourir !»
Mais la question ne se pose pas dans ces termes.

Il existe dans la majorité des cas (hormis urgence extrême), des alternatives à la transfusion. A ce propos des articles scientifiques récents mettent en exergue les bienfaits de ces traitements sans recours au sang.
«Quand la religion fait progresser la science» - Le refus obstiné des Témoins de Jéhovah à recevoir des transfusions force les médecins à développer de nouvelles approches. Des approches qui, en retour, bénéficient à tous, peu importe leur religion. - Agence Science-Presse 18 septembre 2006
Malgré les affirmations sécurisantes assénées depuis des années et les progrès effectivement réalisés, les risques de transmission du VIH, de l’hépatite B et C subsistent. Le scandale mondial du sang contaminé l'a cruellement rappelé (près de 4000 victimes en France). - Libération 18 novembre 2014 - La Croix 19 novembre 2014
Creutzfeldt-Jakob «on a découvert que la maladie s’est transmise dans certains cas par transfusion sanguine». - Information hospitalière 23 octobre 2007
«De nombreuses transfusions sanguines sont inutiles». - Le Figaro 11 mai 2012
«Les transfusions sanguines causeraient plus de mal que de bien». - AFP 8 octobre 2007
«Les transfusions sanguines pourraient causer des accidents vasculaires». - Le Monde 9 octobre 2007

Refus du sang, caractéristique d'une secte ?

A l'heure du sang contaminé, en refusant la transfusion sanguine, les Témoins de Jéhovah ont été protégés du Sida et de l'hépatite B ou C.
Sans être Témoin de Jéhovah, de nombreuses personnes y compris dans les milieux hospitaliers, refusent également les transfusions.
Sont-elles sectaires ?

La loi Kouchner sur les droits des patients du 4 mars 2002

Cette loi consacre la liberté d'exprimer un choix médical que le médecin doit respecter ; de ce fait, l'impossibilité dictée par le culte d'avoir recours à la transfusion sanguine ne peut plus être avancée comme constitutive d'un trouble à l'ordre public. - Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002

Le patient a le droit d’accepter ou non les soins que lui propose le médecin. Ce dernier doit donc informer son patient de façon claire, de manière à ce que celui-ci puisse donner ou non son consentement « libre et éclairé » (article 36 du CDM et article L.1111-4 du CSP).

En savoir plus: Bulletin d’information de l’Ordre national des médecins, Cahier pratique: Les droits des patients

Mort après qu'il eut refusé la transfusion sanguine.
«Nous nous sommes informés, nous connaissons des membres de l'entourage de M. Lavoie. Ce qui est dommage, outre le fait que les médias utilisent souvent cette question à des fins de sensationnalisme, c'est que M. Lavoie était déjà très malade. Il n'est pas décédé parce qu'il a refusé du sang», explique M. Lamy.
«Vous n'entendrez jamais parler de gens qui sont décédés à la suite d'une transfusion. Les gens seraient surpris de voir à quel point plusieurs personnes dans le réseau de la santé sont de plus en plus réticent aux transfusions sanguines». - La Voix, 26 mai 2007

Les fausses accusations dans un pamphlet de l'Adfi. - juillet 2007
Droit de réponse après le décès d'une malade Témoin de Jéhovah.
«Nicole a été choquée de la façon dont elle a été traitée au centre hospitalier d'Orléans. [...] On lui a dit de «rentrer mourir chez elle» sans même proposer de mettre en œuvre d'autres soins. Pire, Nicole a dû subir sur son lit d'hôpital un interrogatoire en règle par deux policiers. Elle a aussi été sondée par un psychiatre pour savoir si elle était saine d'esprit. Tout cet acharnement parce que Nicole, fidèle aux croyances qui étaient les siennes depuis plus de 25 ans, voulait un traitement autre que le seul proposé à l'hôpital de La Source». - La République du centre, 21 aout 2007