L'affaire Ashya King

Le lynchage médiatique d'une famille Témoins de Jéhovah.

Après son opération d'une tumeur au cerveau à l'University Hospital Southampton NHS, le petit Ashya, 6 ans, doit subir un très lourd traitement de radiothérapie.

«La proposition de l'hôpital était que Ashya devrait recevoir des rayons X ou de photons classique la radiothérapie sur une période de six semaines, couvrant l'ensemble du cerveau et de la colonne vertébrale avec un impulsion supplémentaire au lit tumoral.
Selon une lettre aux parents du 13 août, la radiothérapie a dû être élargie pour inclure l'ensemble du cerveau et la colonne vertébrale parce que le médulloblastome a tendance à se propager à d'autres zones du cerveau par l'intermédiaire du CSF et il était nécessaire de couvrir toutes les zones où le CSF se déplace afin de tuer toutes les cellules qui peuvent être en circulation.
Dans ces cas, il est recommandé que la radiothérapie commence dans les 4-6 semaines suivant la chirurgie. Tout retard pour le début de la radiothérapie peut affecter le succès du traitement». - Arrêt de la Cour (Juge Baker) p.6

«Les parents de Ashya étaient très mécontents de certains aspects du plan de traitement. En particulier, ils étaient préoccupés par la perspective qu'il devrait recevoir le type classique de la radiothérapie qui, comme indiqué ci-dessus, engloberait l'ensemble du cerveau et la colonne vertébrale, et être administré à plusieurs reprises sur une période de six semaines. Ils demandent à l'hôpital de considérer, comme une alternative à la radiothérapie conventionnelle, un nouveau type de radiothérapie connu comme thérapie de proton. En termes simples, le principal avantage de la thérapie de proton est qu'il provoque moins de dégâts d'irradiation à d'autres tissus et organes dans le corps. Le traitement n'est pas généralisé à l'heure actuelle aux Etats-Unis, bien que les plans sont mis en œuvre pour certain cancers spécifiques. La protonthérapie est cependant déjà disponible dans un certain nombre d'autres pays, et NHS Angleterre a autorisé et financé le traitement d'un certain nombre de patients d'hôpitaux anglais à l'étranger, y compris des patients de l'Hôpital général de Southampton». - Arrêt de la Cour (Juge Baker)

Avec ce traitement, les chances de survie de Ashya sont identiques entre 70 à 80%. Ce traitement, adapté au cas d'ASHYA, n’est pas proposé en Grande-Bretagne. «J'ai dit au médecin: Je paie moi-même, mais je n'ai pas l'argent, je dois vendre ma maison. Je leur ai dit: je vais le faire. NHS ne va pas payer. Je dois régler cette question pour mon fils». - entretien BBC

Mais un arrangement ne peut être trouvé. Plutôt que de collaborer les médecins préfèrent le conflit. Ils demandent une décision de justice contre les parents. Le père déterminé «Ils ne savaient pas le jour de mon départ, mais je leur ai dit: je pars parce que je ne suis pas content. Ils le savaient». - theguardian.com 3 September 2014

«Il est un principe fondamental du droit de la famille dans cette juridiction que la responsabilité de prendre des décisions concernant un enfant reste chez ses parents. Dans la plupart des cas, les parents sont les mieux placés pour prendre des décisions concernant un enfant et l'État - que ce soit le tribunal ou toute autre autorité publique - ne peut pas interférer avec l'exercice de la responsabilité parentale, sauf si l'enfant souffre ou est susceptible de souffrir un préjudice important en raison de soins donnés à l'enfant qu'il serait raisonnable de s'attendre à un parent de donner». - Arrêt de la Cour (Juge Baker) p.31

«Ayant examiné la preuve, j'ai conclu qu'il n'y avait aucune raison de s'opposer à la proposition des parents. Dans certains cas, ce tribunal est confronté à un litige entre les autorités médicales et les parents qui insistent sur ​​un parcours tout à fait déraisonnable de traitement ou de refuser son consentement à un traitement essentiel pour leur enfant - par exemple, une transfusion sanguine. Ce n'est manifestement pas un tel cas. La durée du traitement proposé par M. et Mme King est tout à fait raisonnable. Ashya a une maladie grave. Tous les parents dans la situation de M. et Mme King feraient tout ce qu'ils peuvent pour explorer toutes les options. Certains parents suivraient les conseils de la section locale des médecins d'utiliser la radiothérapie conventionnelle, d'autre préféreraient l'option de la protonthérapie (en supposant que les fonds peuvent être mis à disposition pour couvrir le coût de transport et traitement) dans l'espoir que les effets toxiques des radiations seront réduits. Les deux choix sont raisonnables et ce sont les parents qui assument la lourde responsabilité de la prise de décision. Ce n'est pas affaire de ce tribunal, ou toute autre autorité publique, de nuire à leur décision». - Arrêt de la Cour (Juge Baker) p.34

Mais que fait la police ?

Chris Shead, chef adjoint de la police du Hampshire.

Alors que la famille avait indiqué vouloir se rendre en Espagne, la police fait montre d'un zèle démesuré. Une alerte mondiale. Dans 190 pays. (dont Guinée, Sierra Léone, Libéria, Libye, Irak,..).

INTERPOL diffuse une alerte mondiale suite à la disparition d’un jeune Britannique - Interpol 29 août 2014

David Cameron calme le jeu

David Cameron a dit aux députés que les décisions prises dans le cas de Aysha n'étaient «pas correctes». S'exprimant lors des questions au premier ministre, il a déclaré «Pour être juste envers les autorités impliquées dans l'affaire de Aysha King, ils veulent tous faire de leur mieux pour l'enfant. C'est ce qu'ils pensent. Mais je pense que ce qui s'est passé, c'est que des décisions ont été prises n'étaient pas correctes et n'ont pas sonné avec un sentiment de bon sens. Cela, heureusement, a été mis de côté».

Fiona Dalton, directrice de l’hôpital.

L’hôpital a annoncé la prise en charge du nouveau traitement.
Une manière de s'excuser et de faire retomber le tollé dans l'opinion publique britannique.

Un porte-parole du Centre de protonthérapie (PTC) de la République tchèque a déclaré qu'il avait reçu des informations supplémentaires sur la situation de la santé de Ashya.
Le Dr Jiri Kubes, directeur de protonthérapie à PTC, a déclaré: «Nous avons convenu que la protonthérapie est une méthode de traitement adéquat pour Ashya. Donc, Ashya doit se rendre en République tchèque pour la protonthérapie».

Aux dernières nouvelle Ashya se porte bien.

 

Le traitement médiatique en France

Est-ce l'usage dans notre presse de mentionner l'appartenance religieuse ? De parler d'un voleur catholique, d'un pédophile juif, d'un assassin musulman ? (vous mettez dans l'ordre que vous voulez, c’est juste un exemple). Pour les sus-nommés, non. Pour les Témoins de Jéhovah, oui.

Ne nous attardons pas sur la multitude de mensonges et d'erreurs colportées. Les vieux clichés resurgissent, refus de transfusions, ne soignent pas leurs enfants, des gens pas raisonnables... La palme revient sans conteste au journaliste de RTL «Ses parents sont des Témoins de Jéhovah, ils n'auraient pas accepté la proposition de transfusion sanguine faite par les médecins britanniques. [...] L'objectif des enquêteur est au moins d'entrer en contact avec eux et de les raisonner autant que possible».

RTL 13h00 30 août 2014

Excellente synthèse sur Arte 28' du 5 septembre 2014

Les médias


Georges Fenech, président du Groupe d'études Sectes à l’assemblée nationale

Georges Fenech est le premier à dégainer. Sans connaissance aucune de l’affaire (il sera très vite établi que ni la religion ni le sang n’ont à voir dans l’affaire Ashya), il va une nouvelle fois diffamer les Témoins de Jéhovah.

BFM TV 29 août 2014 18h45

«Les parents seraient Témoins de Jéhovah ce qui pourrai donner une explication à leur geste...» Le ton est donné.
Du pain béni pour M. Fenech qui enchaine «Dérives sectaires», «pratiques contraires à l'ordre public», «Cela remet en lumière la question du traitement de la santé par l'organisation des Témoins de Jéhovah».

Pour ce qui est du sang, les Témoins de Jéhovah se conforment à la législation française. Ou est le trouble à l'ordre public ?

«Témoins de Jehovah : Fenech rappelle les dérives de la secte». - Lyon Capitale 29 août 2014


Serge Blisko, président de la Miviludes

La Miviludes placarde en première page de son site internet l'article 10 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi».

Et que fait Serge Blisko dans son intervention sur France Info ? Il s'en prends à la doctrine des Témoins de Jéhovah relative au sang. S’offusquant de «l'interprétation très dangereuse» faite par les mauvais élèves Témoins de Jéhovah qui n'ont pas la même lecture de la Bible que les bons élèves catholiques.

France info 30 août 2014

Deux questions Monsieur Blisko:
1) Quelle organisation relieuse a été l'ennemi le plus acharné de la Bible tout au long de l'histoire et a œuvré pendant des siècles pour que le peuple ne puisse la lire ? (Index Librorum Prohibitorum de 1559 à 1966). Qui a pourchassé et conduits aux bûchers ceux qui traduisaient ou reproduisaient la Bible ? Qui aujourd'hui, après avoir échoué à la faire disparaitre, la présente comme un livre de légendes et de contes ?
2) Parce qu'elle considère que la Bible est la Parole de Dieu révélée aux hommes, quelle organisation religieuse investi son temps et son argent pour traduire, imprimer et diffuser gratuitement des centaines de millions d'exemplaires de la Bible - en 121 langues à ce jour ? Qui aujourd'hui édite et diffuse gratuitement les deux revues les plus diffusées dans le monde - respectivement 45 millions d'exemplaires en 220 langues pour l'une, 44 millions exemplaires en 99 langues pour l'autre - afin de faire connaitre le message la Bible ?
Les Témoins de Jéhovah n'aurons jamais la même lecture de la Bible que les catholiques. - voir le site JW.org